Gouvernance : jeu d’acteurs et questions d’échelle

La mise en œuvre d’une stratégie qui combinerait développement, attractivité internationale, et amélioration des conditions de vie suppose une organisation efficace de la gouvernance en Île-de-France. Cette question centrale constitue le troisième enjeu du Grand Paris. Cet enjeu induit la recherche d’un mode d’organisation qui permette une gestion plus harmonieuse et efficace à une échelle suffisamment vaste, qui assure à la fois le développement économique et le progrès social de la région capitale comme ensemble cohérent d’interactions internes et externes.

Une diversité d’acteurs...

Les voix grand parisCe ne sont pas seulement la Mairie de Paris, la Région Île-de-France et l’Etat – représenté par le Président de la République, ses ministres et le préfet de Paris et de la région Île-de-France – qui font entendre leurs voix mais également, la société du Grand Paris, Paris Métropole, les intercommunalités, les départements, et les quatre cents communes. S’ajoutent à cette liste de protagonistes le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF), des entreprises publiques et privées comme la RATP, la SNCF, Veolia, Suez, les offices HLM, ainsi que des acteurs de la société civile et des architectes-urbanistes comme Roland Castro ou Panerai.

... aux intérêts parfois divergents

Cette variété des acteurs entraîne également la production de scénarii variés du futur de l’agglomération parisienne, car s’il y a bien quelque chose qui s’est mis en marche avec le Grand Paris, c’est l’imagination des acteurs privés et publics qui participent aux débats. Mais rien d’étonnant à ce foisonnement d’idées. Il ne peut y avoir un scénario unique du futur de l’Île-de-France tant cette région est composite. Tous les Franciliens n’ont pas les mêmes préférences, ne défendent pas les mêmes intérêts. Ils ne vivent pas non plus dans les mêmes conditions et ne sont pas confrontées aux mêmes difficultés. C’est également pour cela que les logements en Île-de-France sont variés, et le plan logement du Grand Paris a pour but notamment de rendre l’achat d’appartement et l'investissement locatif attractif et accessible à tous. Cette diversité des conditions d’existences et des aspirations peut cependant poser problème lorsqu’il s’agit de faire converger des intérêts parfois inconciliables et de construire un consensus autour d’un projet commun. C’est toute la question des processus de gouvernance qui est alors posée.

La gouvernance, seulement une question de zone ?

Ainsi, la gouvernance est un sujet assez épineux tant la diversité du Grand Paris est importante. Cette dimension fondamentale explique pourquoi les discussions sur le dessein d’une « nouvelle gouvernance » en Île-de-France ont été si longues et complexes. Les Franciliens, en choisissant leur lieu d'investissement immobilier dans le Grand Paris, contribuent eux aussi, directement ou indirectement, à l’évolution sociale et territoriale de leur région. Si on ajoute à cela qu’il s’agit pour les différents acteurs de concilier un enjeu local (le bien-être des populations) et un enjeu global (la place de Paris dans le monde), alors on saisit le cœur du jeu géopolitique qui règne en Île-de-France. Ces éléments expliquent en grande partie les rebondissements qui se sont succédés au cours de ces dernières années.