Est vs Ouest : Vers une Capitale équilibrée ?

Historiquement, les foyers parisiens avec le plus gros revenu se situent à l’Ouest de la capitale. En effet, le 17e, 8e, 7e,, 6e 15e et enfin celui qui représente au mieux la bourgeoisie parisienne, le 16e arrondissement. Pourquoi cette disparité aussi marquée est-elle apparue au fil de l’Histoire ?

En réalité, cette Grande vue sur Parisdistinction est apparue au moment de la révolution industrielle. En effet, la disposition géographie de la France fait que les vents soufflent de Ouest en Est et ainsi lors de l’apparition des grandes usines, les familles aisées se sont abriter à l’écart des fumées et les ouvriers se sont retrouvés sous les fumées. C’est à dire respectivement à l’Ouest et à l’Est. Par ailleurs, on remarque que dans la plupart des grandes villes européennes les villes sont disposées de la même manière.

Néanmoins, à l’heure actuelle, le clivage entre les arrondissements a tendance à se réduire car en les arrondissements plus populaires bénéficient de projets plus importants et on assiste sans doute à un rééquilibrage progressif. Pour essayer de réaliser des prédictions sur l’avenir des arrondissements parisiens, il peut être intéressant d’analyser l’évolution des prix immobilier dans la capitale, de démographie et donc des différents projets en cours.

Evolution des prix dans l’Ouest de la capitale

Pour savoir si une tendance se dégage sur les prix immobilier de l’Ouest parisien, il est nécessaire d’observer leur évolution sur une période courte et prolongée.

Dans un premier temps, en ce qui concerne l’arrondissement le plus onéreux de la capitale, c’est à dire le 6e arrondissement, les prix ont enregistré une forte baisse sur les 3 derniers mois de 4,86%. Cependant ce n’est pas la baisse la plus importante de la capitale sur cette même période. Celle-ci a également été enregistrée dans un arrondissement de l’Ouest, le 8e, où les prix ont chuté de 5,22%.

D’autres arrondissement de l’Ouest ont vu leurs prix chutés de manière plus importante que dans l’ensemble de la capitale (-2,03%), il s’agit du septième (mais de peu avec une baisse de 2,06%) et du seizième arrondissement (avec une forte baisse de 3,77%).

En ce qui concerne les arrondissement restants, ils ont observés une baisse moindre que celle calculée pour l’ensemble de la capitale mais tout de même assez signifiante avec 1,64% de baisse pour le quinzième et 1,43% pour le dix-septième. En somme, on peut facilement conclure que ces arrondissements n’échappent pas à la baisse des prix parisiens et sont même pour certains les principaux concernés par cette tendance. Ensuite, on peut observer l’évolution des prix dans ces derniers arrondissements pendant une période plus longue afin de savoir si cette tendance est passagère ou non.

On remarque alors que depuis 2012 la tendance baissière est présente dans la quasi-totalité de ces arrondissements. En effet, seul le 6e arrondissement résiste et voit ses prix stagner sur cette période. Les arrondissements les plus marqués s’avèrent être le dix-septième, le seizième et le huitième. Pour expliquer cette baisse, les experts immobiliers utilisent plusieurs critères. Le manque de perspective pour l’emploi (qui est commun à tout le pays) plombe la confiance et ainsi on retrouve un manque d’acheteur sur le marché et actuellement nous sommes en situation de 1 pour 1 dans la capitale (1 acheteur pour 1 vendeur) ce qui facilite grandement la baisse des prix. Par ailleurs, cette baisse montre le manque d’impact des différentes politiques publiques prises sur la demande et également que la baisse n’a pas été freinée par la chute des taux qui aurait pu inciter plus de particuliers à acheter.

Enfin, sur une très longue période (de 20 ans), on peut constater que les prix parisiens ont subits une très forte augmentation dans l’ensemble. On est passé à un prix moyen de 2840€ au milieu des années 90, à 7786€ actuellement.

Une évolution plus prononcée dans l’Est de la capitale

Il y a 20, le clivage entre les deux côtés de la capitale était important et on avait une réelle différence de standing entre les quartiers. Néanmoins pendant la montée des prix de ces deux dernières décennies, les quartiers les moins onéreux ont vu leurs prix grimper plus rapidement.

On peut expliquer ce phénomène assez facilement. En effet, au fil du temps, les acheteurs se sont concentrés sur les quartiers les plus abordables, et cette nouvelle tendance a fait augmenter la demande ce qui a naturellement fait augmenter les prix. D’autres part cette nouvelle attractivité a été combinée à un déclinement de la côte de certains quartiers chics et notamment dans le 16e arrondissement, jugés trop excentrés par les nouveaux investisseurs venus du Moyen-Orient.

Certains quartiers représentent à merveille ces mouvements d’acheteurs, c’est le cas du Marais qui a été longtemps délaissé pour devenir au fur et à mesure un haut lieu parisien. Ou encore le Sentier qui a subit une transformation assez conséquente, ses ateliers de textile sont devenus des résidences huppées.

Enfin, au niveau des arrondissements, on remarque c’est le 2eme arrondissement qui a subit la plus grande augmentation avec un coefficient multiplicateur de 3,49 entre 1991 et 2013.

Les différents projets parisiens

Quoi de mieux que les projets prévus afin d’essayer de se projeter dans l’avenir et de savoir quels quartiers sont susceptibles de se développer dans les années à venir ?

Ainsi lorsqu’on analyse un minimum les projets, on remarque que la plupart se trouvent aux mêmes endroits.

Tout d’abord, la majorité d’entre eux se situent à l’Est et plus précisément au Nord-Est de la capitale ce qui n’est pas surprenant. Le 18e et le 19e combinés en présentent 9. Mais un autre arrondissement est également sollicité, le treizième arrondissement et ses 7 projets. En ce qui concerne l’Ouest de Paris, tous les projets se regroupent dans deux arrondissements, le 17e et le 15e. En somme, nous pouvons dire que ces grands projets ont pour objectif de rééquilibrer la ville entre le Nord-Est et le Sud-Ouest et plus globalement entre l’Est et l’Ouest. Avec ces différents projets, Paris accueillera de nouveaux habitants, des locaux d’activités, de grands équipements et renforcera sa dynamique métropolitaine en créant un lien plsu important avec les collectivités voisines. Tout cela va dans le sens d’un rééquilibrage progressif de la ville et une fin de plus en plus programmée de la séparation historique entre l’Ouest et l’Est parisien.

Néanmoins toutes ces prédictions peuvent être bouleversées par de nombreuses causes, un changement de politiques, de comportement des investisseurs, de nouveaux projets… Par exemple, la possible organisation des JO en 2024 aura sans aucun doute un impact important sur la direction que prendra la capitale dans le futur.